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Une mobilité bancaire renforcée en 2009

publié le 22/09/2008

En 2009, les entreprises pourront changer de banque plus facilement. En effet, en mai dernier, la FBF (Fédération bancaire française) a annoncé qu’elle s’engageait à mettre en place, en Août 2009, un « service d’aide à la mobilité ». Néanmoins cela n’est pas sans représenter certains risques pour les entreprises.

Tenant compte des difficultés des clients pour changer de banque, la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi, Christine Lagarde, avait demandé fin janvier, au CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier), - instance de concertation des consommateurs et des professionnels du secteur financier renouvelée en novembre 2007- de lancer une réflexion sur la mobilité bancaire.

Suite à cela, les banques se sont engagées à proposer, à partir de l’année prochaine, un nouveau service qui facilitera la décision de changer de banquier pour les entreprises. La nouvelle banque sélectionnée prendra alors en charge toutes les formalités liées au transfert des virements et prélèvements réguliers dans un délai restreint de cinq jours. Le processus verra son délai raccourci car il devrait atteindre seulement une dizaine de jours, correspondant au temps nécessaire à l’ancienne banque pour clore le compte de dépôt du client.

Cette mesure vise à uniformiser la mobilité bancaire car toutes les banques ne sont pas aussi dynamiques en la matière et les délais et tarifs varient considérablement d’un établissement à l’autre. Cette évolution représente une opportunité importante pour les entreprises dans le but d’optimiser leurs relations bancaires et de bénéficier au mieux des services répondant à leurs besoins de financement.

Un dispositif intéressant pour les PME...

Ces facilités accrues augmentent également le pouvoir de négociation des entreprises car elles disposent désormais d’un moyen de pression plus important sur leur banque : insatisfaites, elles peuvent se séparer plus facilement de leur banquier. Cela est d’autant plus intéressant pour les PME : suite aux fusions qui se sont produites dans le monde bancaire, les PME ont moins d’alternatives pour changer d’interlocuteur. La majeure partie des entreprises réalisant moins de 25 millions de chiffre d’affaires ont un périmètre bancaire limité à deux ou trois établissements en régions. Les grands Corporate sont mieux lotis car l’implantation sur notre territoire des grandes banques étrangères, qui visent les entreprises du SBF 120 ou 250, augmente leurs possibilités de partenariats bancaires.

Des inconvénients à limiter

Toutefois une mobilité bancaire renforcée ne doit pas s’opérer à n’importe quel prix. Elle comporte pour les entreprises certains risques, qui ont été soulignés par l’AFTE (Association Française des Trésoriers d’Entreprise) par la voix de son président. Cet organisme a relevé que lorsque la nouvelle banque adresse aux créanciers et débiteurs de l’entreprise concernée ses nouvelles coordonnées bancaires, elle peut envoyer un simple imprimé ne comportant aucun signature manuscrite ou RIB.
Ces manquements peuvent aboutir à certaines fraudes : de fausses coordonnées bancaires peuvent être envoyées puisque créanciers et débiteurs n’ont aucun moyen de vérifier l’authenticité de ces coordonnées. Ils peuvent alors être fortement pénalisés. Le débiteur qui aura envoyé son paiement vers la mauvaise entité verra sa responsabilité engagée et coure le risque de devoir effectuer un second paiement, cette fois vers le bon destinataire. Quant au créancier, ils subira un impayé.
Ces inconvénients vont être étudiés conjointement par l’AFTE, la FBF et le CFONB (Comité français d’organisation et de normalisation bancaires) pour y remédier. Le dossier de la mobilité bancaire n’est donc pas clos…

Par Audrey Corcos