FocusFi

le site des services financiers
et comptables de l’entreprise

Rechercher :             133 articles

s'incrire

Portrait : Oliver Garrigues, directeur administratif et financier d’Avis France

publié le 10/06/2008

Olivier Garrigues est directeur administratif et financier du groupe de location de voitures, Avis, en France. Il nous présente son parcours, marqué par une forte expérience dans le contrôle financier et l’audit, et nous livre son sentiment sur l’évolution de sa fonction. Il donne également des conseils aux jeunes financiers pour accéder à la fonction de DAF.

Propos recueillis par Audrey Corcos

1. Pourriez-vous décrire votre formation et votre parcours professionnel ?
J’ai obtenu le diplôme de Sciences Po Paris (section service public) en 1985. Après avoir effectué mon service militaire, j’ai intégré HEC en 1989 pour acquérir une spécialisation en audit/comptabilité et expertise.

A l’issue de cette formation j’ai intégré le cabinet d’audit Coopers (aujourd’hui PricewaterhouseCoopers) avec des mandats très divers à la fois dans l’industrie, la banque et les services. Ces fonctions étaient très intéressantes par la polyvalence nécessaire.

Puis, en 1992, j’ai été recruté par le groupe Alcatel Alsthom au service d’audit et évaluation, rattaché à la direction financière. J’étais notamment en charge de dossiers de revues d’acquisitions et de missions d’audit interne.

Ensuite j’ai rejoint Alcatel Telecom (aujourd’hui Alcatel) au «  financial control ». Suite à la fusion récente avec ITT Europe, les méthodes de gestion y étaient très anglosaxones. Mon service avait pour rôle de contrôler les performances financières des filiales et de suivre les dossiers de nature financière qui remontaient pour accord au siège.

Au bout d’un an j’ai rejoint Alcatel Câbles en tant que contrôleur financier de la ligne de produits câbles de telecommunication Europe. La ligne de produit était présente dans 10 pays pour un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros.
Je devais alors faire face à trois évolutions majeures, qui ont rendu mon travail passionnant :
• La déréglementation du marché des télécoms ;
• Le transfert de technologie des câbles téléphoniques vers la fibre optique ;
• La nécessité de diversifier géographiquement une activité réalisée principalement en Europe.

En 1997 je suis entré chez Péchiney au contrôle de gestion siège. J’étais en charge de la partie emballages plastiques. J’ai été ensuite chargé de deux missions au niveau du groupe :
• Mettre en place un nouveau logiciel de reporting et de consolidation (nous avons choisi Hyperion) ;
• Préparer le passage à l’euro : j’étais en charge du passage de l’ensemble des comptabilités des sociétés Européennes à l’euro.

Par la suite j’ai été nommé DAF d’une filiale de Péchiney, Techpack International (leader de l’emballage en cosmétologie), société récemment reprise par le groupe. J’ai mis en place le contrôle financier de cette entreprise, qui réalisait 450 millions d’euros de chiffres d’affaires avec une quinzaine de filiales en Europe et aux Etats-Unis. Concurrencée par des producteurs issus des pays à bas coûts (notamment basés en Asie), l’entreprise a dû fermer des sites de production en Europe et aux Etats-Unis pour acquérir des sociétés au Mexique, au Brésil et en Indonésie. Dans cet environnement très difficile, ma mission était néanmoins enrichissante car très variée.
Lorsque Péchiney a été racheté par Alcan, on m’a proposé des postes à l’étranger. Mais, pour des raisons familiales, j’ai préféré rester en France. C’est alors que j’ai intégré, il y a trois ans, Avis en France en tant que DAF.

2. Pourriez-vous décrire votre société en quelques mots ?
Avis France réalise un chiffre d’affaires de près de 400 millions d’euros. Je suis responsable du département financier qui comprend 75 personnes en incluant la comptabilité, le contrôle de gestion, le recouvrement de créances, la trésorerie, la fiscalité, les systèmes d’informations, les services généraux et les services juridiques.

3. Comment définiriez-vous votre fonction de DAF au sein d’Avis ?
Elle complète bien mon parcours pour trois raisons :
• Elle m’apporte une expérience dans le domaine des services, alors qu’auparavant je n’avais travaillé que dans l’industrie.
J’ai d’ailleurs pu constater que les deux univers étaient très différents : dans les services, des décisions rapides sont nécessaires. De plus, dans le métier de loueur de voitures, 1,3 euros d’endettement (pour financer le parc automobile) sont requis pour réaliser 1 euro de chiffre d’affaires. Les décisions financières ont donc un impact très important sur l’activité. Enfin, dans le monde du « BtoC » (« Business to Consumer »), les marques ont un poids énorme.
• Elle me permet de manager une large équipe. Précédemment les services que je dirigeais se limitaient à une quinzaine de personnes. Mes fonctions chez Avis m’amènent donc à développer mes compétences managériales.
• Au regard des groupes dans lesquels j’étais auparavant, Avis est une plus petite structure. On me demande d’être plus généraliste et d’avoir des connaissances à la fois en fiscalité, mais aussi dans le contrôle financier ou d’autres domaines. Cela m’amène ainsi à développer une polyvalence, également indispensable.

4. Constatez-vous une évolution des exigences vis-à-vis du DAF ces dernières années ?
On ne demande plus d’être un directeur comptable évolué mais plutôt d’accompagner les prises de décision et d’avoir une vision plus complète et globale de l’entreprise.

Je constate également que les fonctions expertes (telles que la trésorerie ou la fiscalité) sont de plus en plus assumées soit par les CSP (Centres de Services partagés) soit par le siège. Elles ne sont pas prises en charge par le directeur financier au niveau local. Néanmoins, ce que je perds en technicité je le gagne en management des équipes.

5. Quels conseils donneriez-vous à de jeunes financiers qui souhaiteraient accéder à la fonction de DAF ?
Je leur conseillerais d’abord de suivre une formation d’un bon niveau dispensée par une école de commerce ou une université, pour pourvoir acquérir les connaissances de base sur le plan théorique.
Il serait bon de la compléter par des stages et une expérience significative (stage ou étude) à l’étranger. Cette dernière permet de mesurer l’indépendance d’un candidat et son degré d’autonomie.
Un passage dans les fonctions opérationnelles, comme le contrôle de gestion usine, est très enrichissant car il permet d’acquérir une bonne technicité avec l’obligation de sortir des résultats et de faire des déclarations.
Une expérience dans le contrôle de gestion est également intéressante, avec l’ouverture qu’elle implique sur l’ensemble des fonctions de l’entreprise.