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Le financement des PME devrait être moins tendu au cours du second trimestre 2008

publié le 20/05/2008

Les enquêtes trimestrielles de la Banque de France et de la Banque Centrale Européenne soulignent que la majorité des banques ont durci leurs conditions d’accès au crédit au cours du premier trimestre. Toutefois, durant le second trimestre ce mouvement devrait être moins marqué pour les PME.

Par Audrey Corcos

L’étude de la Banque centrale européenne (BCE) comme l’enquête trimestrielle de la Banque de France (BdF), toutes deux publiées début mai, confirment le durcissement des conditions de financement des entreprises en Europe aussi bien qu’en France.

Ainsi selon l’étude de la BCE, 49 % des banques ont durci les conditions pour accorder un prêt aux entreprises au premier trimestre contre un durcissement de « seulement » 33 % d’entre elles pour des prêts aux ménages. Cela représente une nette détérioration par rapport au quatrième trimestre 2007, durant lequel elles étaient 41 % à avoir durci leurs conditions de crédits aux entreprises et 21 % pour les prêts aux ménages.
La dégradation est plus marquée pour les grandes entreprises que pour les PME car " La situation sur les marchés financiers a eu un impact plus important sur les prêts aux grandes entreprises qu’aux petites et moyennes entreprises ", a indiqué la BCE.

En France, Selon la Bdf, plus de la moitié des banques (51,5 %) ont durci leurs critères d’attribution de crédits aux entreprises au cours du premier trimestre - contre 46 % le trimestre précédent. Selon la Banque de France, le durcissement des conditions pratiquées sur les prêts nouveaux a impliqué non seulement une augmentation des marges et des frais (hors intérêt), mais aussi une réduction des montants et de la durée des financements accordés. Des clauses de révision des contrats de prêt plus restrictives ont même été imposées pour les grandes entreprises.

Deux tendances concomitantes peuvent expliquer cette évolution. D’une part les retombées en Europe de la crise des crédits hypothécaires américains qui a, non seulement, rendu les banques plus prudentes lors de l’octroi de crédits mais a également amoindri leur capacité de refinancement. L’autre tendance est liée à l’entrée en vigueur, en janvier, de la nouvelle réglementation bancaire, Bâle II, qui impose aux établissements bancaires de nouvelles règles beaucoup plus strictes qu’auparavant quant à leur niveau de fonds propres. Avec Bale II, les prêts les plus risqués sont ainsi plus pénalisants en fonds propres pour les banques.
A l’avenir, les PME et les TPE, plus fragiles que les grandes entreprises puisque disposant d’une moindre assise financière, pourraient se voir pénalisées par cette nouvelle réglementation. Selon des études menées par la Bdf environ 20 % des PME devraient faire l’objet d’une pondération plus restrictive aujourd’hui que dans le système antérieur.

Néanmoins, d’après l’enquête trimestrielles de la banque de France, seul un tiers des banques envisageant de durcir les conditions pour les crédits aux PME durant le second trimestre 2008. Cette tendance fait suite à un durcissement pour 60 % des banques en début d’année.