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Le Sepa devrait faire évoluer les relations entreprises-banques

publié le 22/04/2008

Le Sepa (« single euro payments area ») offre un espace européen unique de paiement en euros. Depuis le 28 janvier dernier, les banques permettent à leurs clients d’effectuer les virements européens. Pour les entreprises comme pour les établissement bancaires, les enjeux du Sepa sont importants.

Par Audrey Corcos

Selon les statistiques établies par la Banque centrale européenne en 2006, le virement est le deuxième moyen de paiement le plus utilisé en Europe avec 30 % des opérations en volume, derrière la carte bancaire (34 %) mais devant le prélèvement (25 %).
Il est prévu que les virements nationaux ordinaires disparaissent en 2011.

Pour les entreprises, on peut constater trois évolutions liées à la montée en puissance du Sepa :

1. La centralisation, y compris pour les entreprises moyennes, de leurs opérations. Les sociétés sont, en effet, incitées à regrouper leurs opérations sur une plateforme unique, favorisant ainsi le développement des centrales de paiement aux fournisseurs. L’entreprise peut réaliser des économies d’échelle à condition d’avoir mené en amont une réflexion visant à rationnaliser la communication entre les différents systèmes comptables lorsqu’il s’agit d’un groupe. Le développement des centrales a également été favorisé par l’essor des ERP (progiciels de gestion intégrés) et de SwiftNet, système interbancaire de communication sécurisé.

2. La simplification des opérations administratives. Les flux de trésorerie pourront être gérés sur une plateforme commune pour la zone Sepa impactant ainsi les métiers de trésoriers et de credit-managers. En tirant partie des simplifications engendrées par le Sepa, ces fonctions pourront se concentrer sur des tâches à plus forte valeur-ajoutée.

3. Une adaptation de leurs relations bancaires. Les banques s’engagent à ce que les nouveaux virements européens soient exécutés en trois jours, un délai qui sera ramené à 24 heures d’ici 2012. Elles acceptent également d’aligner le prix sur celui des virements domestiques.

Certains experts estiment que la concurrence bancaire devrait s’intensifier. Celle-ci devrait bénéficier aux entreprises qui verront ainsi leurs frais bancaires réduits. Il est également prévu que le nombre de relations bancaires en Europe se réduise, certains prédisant même une relation bancaire unique pour l’ensemble de la zone euro. Néanmoins, on ne peut négliger la volonté de la part des entreprises de maintenir des relations avec plusieurs établissements de façon à assurer une mise en concurrence optimale entre les différents intervenants.

Ce qui est certain c’est que les banques ont déjà commencé à réagir. Selon le Comité national Sepa, les offres de service bancaire s’enrichissent. Ainsi certaines banques profitent du changement de codification des comptes pour autoriser les virements vers l’étranger par internet.

La politique d’innovation s’accompagne d’une évolution des structures et les partenariats entre les établissements se développent. BNP Paribas et Natixis se sont associées pour créer une plateforme commune de traitement de transactions, au sein de leur coentreprise Partecis. Celle-ci couvre toute la chaîne de valeur de la monétique, de la fabrication des cartes à la lutte contre la fraude. L’objectif pour les deux partenaires est de mutualiser leurs investissements et diviser par deux les coûts de maintenance des systèmes informatiques dédiés à ces activités. Partager les investissements nécessaires à la mise en place du Sepa est également l’objectif de la Société Générale et de la Banque Postale, qui ont annoncé une initiative similaire fin 2007. Si leur partenariat monétique est centré sur les cartes bancaires, il pourrait s’étendre aux autres moyens de paiement comme les virements et les prélèvements.