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Le Reverse Factoring, pratique de plus en plus séduisante pour réduire les délais de paiement

publié le 29/05/2008

Dans le cadre du projet de loi visant à réduire les délais de paiement, auquel s’ajoute un durcissement des conditions de leurs conditions de financement, les entreprises sont amenées à innover pour payer plus rapidement leurs fournisseurs. Le Reverse factoring, pratique développée en Italie, attirent aujourd’hui les grands groupes français.

Par Audrey Corcos

Qu’est ce que le reverse factoring ?
Selon l’AFDCC (Association Française des Credits managers et Conseils), le Reverse Factoring est un contrat d’affacturage qui met en relation 3 acteurs : le factor, le fournisseur et le client.
Le contrat d’affacturage classique est en général souscrit par le fournisseur pour couvrir le risque et les besoins en gestion et ou en financement des clients. Le contrat REVERSE est à l’initiative du client qui propose ce contrat pour répondre à un besoin de financement du fournisseur. Cette formule s’apparente au crédit acheteur en Allemagne.
C’est le groupe automobile Fiat qui a eu, le premier, recours à ce procédé il y a quarante ans en Italie. Dans ce pays, nombre de sociétés ont créée leur propre établissement financier de façon à proposer ce service à leurs fournisseurs.

Quand est-il du Reverse factoring en France ?
Les volumes de Reverse Factoring sont encore faibles aujourd’hui sur notre territoire. Seules quelques sociétés, filiales de grands groupes bancaires, proposent le reverse factoring aujourd’hui : CGA (Société Générale), IFN Finance (appartenant au groupe ABN Amro) et Eurofactor (groupe Crédit Agricole).

Quelques groupes ont leur propre programme. Ainsi le groupe de distribution Carrefour a mis en place FINIFAC il y a 10 ans. Il détenait, fin 2007, la neuvième place au classement des sociétés françaises de financement de créances commerciales.
Généralement pratiqué par les grands groupes, le Reverse factoring attire désormais les sociétés de taille plus modeste, qui sont confrontées à un durcissement des conditions d’accès aux crédits. Parmi les 15 propositions du rapport Stoléru pour l’accès des PME aux marchés publics, remis en décembre dernier au gouvernement, se trouvait d’ailleurs l’idée d’une souscription par les acheteurs publics de contrats de reverse factoring au bénéfice des PME pour faciliter leur paiement.

Quel est l’intérêt de cette solution ?
A la CGA (Compagnie Générale d’Affacturage), ce produit a été créé pour aider les entreprises à répondre à la Nouvelle Réglementation Economique (loi NRE) qui impose désormais à chaque entreprise de payer ses fournisseurs à la bonne date d’échéance.
Cette solution offre cinq autres avantages :
• Le client bénéficie de l’escompte proposé par ses fournisseurs en cas de paiement comptant, sans pour autant dégrader sa situation financière puisque c’est le factor qui règle ses factures à sa place ;
• Le débiteur étant de bonne qualité, les fournisseurs obtiennent de meilleures conditions que dans le cas classique de l’affacturage puisque l’entreprise profite alors de la qualité de signature de son débiteur.
• Les grands compte comme Carrefour, Auchan ou PPR, en transférant leurs dettes, peuvent être mieux informés de la situation financière de leurs fournisseurs, qui sera étudiée par l’organisme financier prestataire.
• Concernant les délais de paiement extrêmement longs dans le secteur public, les PME font déjà appel à l’affacturage. Le Reverse Factoring offre des conditions financières intéressantes du fait d’un risque de crédit moins élevé à supporter par l’organisme financier sur les entreprises publiques. Ce qui amoindri le coût de financement pour les PME.
• La relation client-fournisseur peut se trouver renforcée si le Reverse Factoring s’opère dans de bonnes conditions pour les deux interevnants.

Quels sont les inconvénients du Reverse factoring ?
Si le succès de cette solution a été limité jusqu’à présent c’est, sans conteste, en partie lié au caractère fermé de nombreux programmes. Les clients imposent alors à leurs fournisseurs des prix élevés, tout en récupérant des commissions et en négociant des prix d’achat à la baisse, au motif que le financement est intéressant pour le fournisseur.

Quels sont les conditions de son efficacité ?
L’intérêt du programme pour le donneur d’ordres repose en grande partie sur la validation rapide des factures. Pour cela, une implication de son organisation est indispensable. Les services Achats et Comptabilité fournisseurs sont particulièrement concernés. Le premier pourra promouvoir cette solution auprès des fournisseurs tandis que le second permettra d’adapter le traitement des factures fournisseurs à la nouvelle démarche et valider rapidement les créances.