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D’après la dernière enquête mensuelle menée par l’AFTE (Association française des trésoriers d’Entreprise) en collaboration avec COE-Rexecode, portant sur la trésorerie des entreprises, celle-ci s’est une nouvelle fois, tendue au mois de mai comme le souligne la dégradation de plusieurs indicateurs.
Par Audrey Corcos
Corroborant les dernières enquêtes trimestrielles de la Banque de France et de la Banque Centrale Européenne, qui soulignent que la majorité des banques ont durci leurs conditions d’accès au crédit au cours du premier trimestre, la dernière enquête de l’AFTE, auprès des grandes entreprises, a souligné la fragilité croissante de leur trésorerie. Ainsi, d’après cette étude, qui porte sur le mois de mai, le solde d’opinion sur la trésorerie globale a chuté à -13,4% en mai alors qu’il s’établissait à -10,8% un mois auparavant. L’indicateur de trésorerie d’exploitation affiche, lui, son plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête en mars 20005.
Parmi les facteurs qui pénalisent leur trésorerie, les entreprises avancent comme élément important une détérioration de leur relation bancaire. Ainsi, le solde des opinions sur les marges payées sur les crédits bancaires, qui mesure l’écart entre le pourcentage des réponses « tendance à augmenter » et « tendance à baisser », a continué de progresser le mois dernier pour s’établir à +32,5 % contre +30% en avril.
Quant aux difficultés de recherche de financement, déjà observées en avril, elles se confirment en mai avec un indicateur passant de -13,9% à -18,4% entre les deux mois.
Cette dégradation intervient dans un contexte où les banques françaises, suite aux retombées négatives de la crise des crédits hypothécaires américains, ont subi une dégradation de leurs performances. Ainsi, le Crédit Agricole, la Société Générale, BNP Paribas, Natixis et le franco-belge Dexia ont dû enregistrer dans leurs comptes près de 15 milliards de dépréciations d’actifs. Ces pertes et des conditions de refinancement plus tendues les amènent aujourd’hui à être beaucoup plus prudentes. C’est pourquoi elles devraient continuer à durcir les critères d’octroi des crédits aux grandes entreprises au second trimestre 2008.
En France, comme dans d’autres pays européens, les gouvernements affichent leur inquiétude quant à la santé financière des PME. Ainsi, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont conjointement adressé une lettre au président de la commission européenne José Manuel Barroso demandant des mesures en faveur des PME européennes de façon à leur permettre de surmonter la crise du crédit. Les deux hommes considèrent que « la Banque européenne d’investissement doit impérativement agir pour améliorer les conditions de financement offertes aux PME » souhaitant que des propositions interviennent « dans les meilleurs délais ».
L’objectif est d’assouplir le mécanisme de financement des PME de cette institution luxembourgeoise, qui joue déjà un rôle important au sein de l’Union. Sur les cinq dernières années, elle a consacré 51 milliards d’euros au refinancement de crédits bancaires à moyen et long terme aux PME, ce qui correspond à 25 % de l’activité de prêt en Europe.
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