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La profession comptable en repositionnement stratégique

publié le 17/10/2008

Le 14 octobre dernier, dans le cadre de la présentation de l’étude menée par l’Observatoire de l’Evolution des Métiers de l’Assurance sur les métiers de la Comptabilité et du Contrôle de gestion, les divers intervenants ont souligné les difficultés de recrutement en comptabilité et les mutations vécues par la profession comptable.

Dans le secteur de l’assurance, l’actualisation à fin 2006 de l’étude sur les métiers de la Comptabilité et du Contrôle de gestion (parue en 2001) montre des transformations profondes, en particulier pour les comptables, sous l’effet conjugué de nombreux facteurs : démographiques, juridiques et fiscaux, technologiques, économiques...

Toutefois les différents intervenants rencontrés lors cette présentation ont souligné des évolutions communes à l’ensemble des secteurs d’activité.

Une financiarisation des fonctions comptables et de contrôle de gestion dans le secteur de l’assurance

L’étude a souligné que, dans un secteur dont la réglementation s’est renforcée, les activités comptables et de contrôle de gestion voient leur rôle stratégique renforcé. Ces métiers adoptent désormais une posture plus active et ne font plus que constater. Il leur incombe désormais d’éclairer les dirigeants sur les options de gestion possibles et leurs conséquences.

Cette tendance revalorise leur image. Il est intéressant de constater que les métiers comptables requièrent de plus en plus de bac+ 5 dans l’assurance : ainsi, entre 1999 et 2006, les recrutements de Bac +5 ont été multipliés par 2,5 du fait de la complexité croissante de ces métiers.

Deux enjeux pour la profession comptable

Premièrement, la profession comptable connait des difficultés de recrutement. Ceci n’est pas spécifique au secteur de l’assurance. Comme l’a souligné François Millo, délégué général de l’ECF (fédération des experts-comptables et commissaires aux comptes de France), une étude réalisée avec l’Agefos-Pme Rhône-Alpes, en 2006, révèle que les métiers de la comptabilité peinent à attirer les jeunes : niveau des études (finalisées après un long parcours de huit années) et stress de la vie professionnelle, en seraient la cause selon les résultats des questionnaires analysés.

Comme le montre l’étude menée par l’Observatoire de l’Evolution des Métiers de l’Assurance, il existe un réel besoin de renouvellement de la famille comptable. Ainsi, seuls 1 000 diplômés par an existent dans cette spécialité, au plan national, alors que 2 000 seraient nécessaires.

Le second défi concerne la mise à plat de déréglementation du secteur liée à la transposition en droit français (au plus tard en décembre 2009) de la directive européenne Service. Dans ce cas, les cabinets d’expertise doivent réfléchir à un élargissement de leur offre pour faire face à la concurrence.

Pour réagir à ces mutations, Mr Millo a indiqué la création prochaine d’un Observatoire, regroupant experts-comptables et commissaires aux comptes, à travers l’ECF et l’IFEC (Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes).

Autre évolution importante : la formation a été adaptée depuis la rentrée 2007.

Une formation qui tient compte de compétences élargies

Le cursus de formation a été réactualisé et prend désormais en compte les nouvelles compétences attendues : anglais, relationnel, management, fiscalité, gestion financière.

Mr Alain Burlaud, professeur titulaire de la chaire de comptabilité et contrôle de gestion du Cnam a évoqué la grande concertation qui a marqué l’écriture des programmes à l’occasion de la réforme du cursus. Un groupe de travail d’universitaires et de professionnels (regroupant des experts-comptables mais aussi des associations telles que la DFCG) ont collaboré pour mettre en place ce nouveau programme.

Dans le cas particulier de l’assurance, face à une complexité croissante des métiers, l’étude a mis en lumière la pertinence d’un regroupement du contrôle de gestion, du contrôle interne, de la comptabilité, de l’audit, et peut-être même de l’actuariat, au sein d’un seul pôle d’activités. »

Par Audrey Corcos