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Dans sa récente étude intitulée « Stratégies d’externalisation, la fin d’un tabou français ? », Accenture a étudié les objectifs des entreprises lorsqu’elles recourent à cette pratique. Le cabinet de conseil en management, technologies de l’information et externalisation est arrivé à la conclusion que les sociétés envisagent l’externalisation comme un levier pour atteindre un haut niveau de performance et faire face à leurs défis dans les prochaines années.
Par Audrey Corcos
Quelle a été la méthodologie de l’étude ?
Une cinquantaine de grandes entreprises présentes en France ont été interrogées sur leurs pratiques et leurs motivations à l’égard de l’externalisation. 31 des entreprises interrogées réalisent un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros tandis que pour 17 d’entre elles le chiffre d’affaires est compris entre 500 millions et 1 milliard d’euros. 28 sont issues de l’industrie et 20 des services.
Cette étude a été conduite à travers des entretiens téléphoniques réalisés par l’institut CSA entre le 14 Mai et le 20 .Juin 2008. Les entretiens ont été réalisés auprès de décisionnaires impliqués dans les initiatives relatives à l’optimisation de l’organisation et des processus.

L’enquête a abouti à cinq constats.
1) L’externalisation est un des moyens d’atteindre la Haute – Performance
Plus de 60% des entreprises interrogées considèrent que l’externalisation va leur permettre de disposer de nouveaux talents, de renforcer leur efficacité opérationnelle, et de lancer de nouveaux produits et services. Ceci, tout en assurant une qualité élevée et homogène et en améliorant leur rentabilité (pour 90%).
Alors qu’elles estiment à une grande majorité (65%), que dans les cinq prochaines années, l’amélioration de leur efficacité opérationnelle sera leur principal défi, 60% pensent que l’externalisation est un moyen de relever ce défi.
Du côté de la gestion des ressources humaines, pour 52% des sociétés interrogées le marché français ne couvrira pas l’ensemble de leurs besoins en matière de talents à un horizon de 5 années. Pour faire face à cette situation, l’externalisation est vue par 72% d’entre elles comme une solution.
Pour 75% des répondants, la croissance de l’activité est une incitation à l’externalisation. Selon Bouchra Carlier, en charge de l’analyse stratégique, notamment liée à l’externalisation, au sein d’Accenture Research, les entreprises, qui deviennent de plus en plus globalisées, ne peuvent multiplier les structures partout dans le monde. L’externalisation permet alors d’accompagner leur développement.
2) L’externalisation en cours touche toutes les fonctions de l’entreprise
Les projets concernent aussi bien les fonctions informatiques que les métiers, en particulier au niveau de la finance. D’après Bouchra Carlier, les fonctions financières étant traditionnellement externalisées concernent la facturation et la comptabilité. Ainsi près d’un quart des répondants (23% exactement) auront mis en place cette solution pour leur fonction finance à un horizon de deux ans.
3) La réduction de coûts n’est pas la seule motivation
Le principal objectif (90% des entreprises) est de pouvoir se concentrer sur leur fonction stratégique, leur cœur de métier. C’est pourquoi, comme le souligne Bouchra Carlier, en fonction de leur secteur d’activité les entreprises estimeront que telle fonction clé ne pourra être externalisée.
Réduire les coûts apparaît comme la seconde plus importante motivation (85% des sociétés. Apparaît ensuite la possibilité de bénéficier des investissements d’un prestataire (pour 85% également) et l’amélioration de la qualité de service (83%).
4) Les entreprises sont pragmatiques quant aux critères de localisation des projets
La localisation des projets d’externalisation n’est pas prédéfinie : si pour 79% des entreprises la réduction des coûts est le principal critère de choix d’un pays, la disponibilité de compétences et de ressources francophones sont également des facteurs décisifs.
5) La relation avec le fournisseur est un élément clé dans la réussite d’un projet d’externalisation
2 entreprises sur 3 considèrent que la relation de confiance avec le prestataire et une bonne gouvernance sont des facteurs clés de succès. Les contrats sont le plus souvent à moyen-long terme, avec une durée de 5 à 10 ans.
Les critères mentionnés comme importants par 90% des entreprises interrogées dans leur choix de prestataires en matière d’externalisation sont : sa capacité à s’engager sur des résultats, des considérations de prix, leur expertise technologique-métier, et leur capacité à partager les risques.
Bouchra Carlier insiste sur le fait que la préparation en amont du projet d’externalisation est également un des éléments clés de réussite. Pour cela l’aide d’un consultant externe est préférable. Une ou deux années s’écoulent généralement entre la prise de décision et la mise effective de la solution d’externalisation.
Parmi les freins à l’externalisation existe la crainte de perdre le contrôle de certaines fonctions. Néanmoins, selon Mme Carlier, un cadre juridique adapté doit parer à cette éventualité.
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