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Le cabinet de recrutement a récemment publié les 8 postes les plus recherchés en finance. Bruno Fadda, Associate Director de Robert Half Finance & Comptabilité et Thierry Mageux, Associate Director de Robert Half Banque & Assurance nous détaillent les résultats de cette étude dans leur secteurs respectifs.
Propos recueillis par Audrey Corcos
1.Quels ont été les critères pour déterminer ces jobs en or ?
Bruno Fadda & Thierry Mageux : Ils ont été sélectionnés d’après la demande du marché. Notre expérience en finance et comptabilité nous permet d’évaluer des tendances sur plusieurs mois.
La progression de salaires des différentes fonctions a également été prise en compte.

2. Existe-il des similitudes entre les fonctions recherchées dans les entreprises et celles demandées en Banque et Assurance ?
Thierry Mageux : les secteurs banque et assurance suivent le même mouvement que les autres, marqué par un renforcement du poids du contrôle de gestion, du contrôle des risques et de l’audit interne. La loi Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis, faisant notamment suite à l’affaire Enron, a également eu des retombées en France, en renforçant l’audit et le contrôle interne. La Banque et l’Assurance ont pour spécificité d’avoir vu se développer le métier de « compliance officier » ou déontologue. Les cadres ont généralement une formation juridique ou sont issus d’une école de commerce. Leur formation peut être complétée par une spécialisation dispensée par l’AMF.
Dans les secteurs Banque et Assurance le développement de la réglementation a engendré des recrutements exponentiels dans le risque et le contrôle interne. Pour la Banque il y a eu Bâle 2 et la réforme MiFID (Markets in Financial Instruments Directive), visant à garantir un niveau de protection élevé des investisseurs. Quant à l’assurance, la réforme Solvency 2 exige également une meilleure maîtrise des risques.
3. La dimension relationnelle est-elle une forte composante de ces fonctions ?
Bruno Fadda : c’est incontestable pour le contrôleur de gestion. Il doit faire preuve d’un bon relationnel. Cette qualité est également de plus en plus demandée au consolideur et au responsable comptable. Pour celui-ci, amené à gérer des équipes, les qualités managériales sont essentielles.
C’est une tendance générale à toute la fonction Finance. En effet, au delà de l’aspect technique, les fonctions financières au sein de l’entreprise exigent d’être un bon communicant. Ainsi le directeur financier sera en relation avec les actionnaires (qui peuvent être des fonds) au sein d’une PME ou du management du groupe s’il évolue au sein d’une grosse structure.
On demande aujourd’hui aux financiers d’être des copilotes de la performance de l’entreprise. Ils doivent alerter, proposer et avoir une attitude proactive.
La maîtrise du contrôle interne, domaine sur lequel le directeur financier est de plus en plus mis en avant, nécessite d’être au contact de toutes les directions de l’entreprise.
Thierry Mageux : Qui dit contrôle dit règles. Le financier doit avoir des informations pour réaliser un reporting et faire appliquer les règles de contrôle interne. Pour cela, les contacts avec le front office et les commerciaux sont indispensables. La diplomatie et la pédagogie seront alors appréciés. Savoir transmettre les règles tout en étant ferme et agréable est une qualité innée qui peut être développée grâce à une formation adaptée.
4. Pour quels postes une expérience à l’international est-elle indispensable ?
Bruno Fadda : une expérience à l’international est appréciée dans les sociétés nécessitant une ouverture à l’international (multinationales, sociétés cotées, sociétés disposant de filiales à l’étranger, …). Le monde économique est de plus en lus intégré ce qui implique d’avoir une bonne maîtrise de l’anglais et de pouvoir évoluer dans des contextes internationaux. Il existe encore de la part de nos clients quelques demandes de postes de chefs comptables pour lesquels la connaissance de l’anglais n’est pas obligatoire mais cela est très rare.
Thierry Mageux : Les textes des réformes en banque et assurance sont généralement en anglais. La maîtrise de cette langue est donc impérative.
5. Ces fonctions ont-elles encore un bel avenir dans les prochaines années ? et pourquoi ?
Bruno Fadda : J’ai une vision très optimiste concernant ces fonctions car, même dans des contextes économiques très difficiles les entreprises ont toujours eu besoin de financiers. Je vois mal comment la tendance pourrait s’inverser en tenant comte des spécificités de ces trois postes : le consolideur est d’autant plus recherché que les entreprises évoluent dans un monde intégré. L’application des nouvelles normes IFRS, effective au 1er janvier 2005 pour les sociétés cotées en Europe, et les changements de périmètres constituent de réels enjeux pour les entreprises.
Le travail du contrôleur de gestion est essentiel au pilotage de l’activité de toute entreprise, de la PME au grand groupe. Au sein de sociétés cotées en bourse, le reporting du contrôleur de gestion est devenu primordial pour répondre aussi bien aux exigences réglementaires qu’aux attentes des actionnaires.
Quant au responsable comptable, son rôle clé lui est conféré par l’obligation légale de l’entreprise de publier ses comptes. Cette fonction est aujourd’hui en pleine évolution. L’avènement des systèmes informatiques de type ERP, l’internationalisation du monde des affaires, la création de nouveaux référentiels internationaux ont contribué à la redéfinition du poste de responsable comptable depuis le début des années 2000. La création de nouveaux diplômes comptables de type DCG et DSCG atteste clairement de cette évolution récente.
Thierry Mageux : Dans les 3 ou 4 prochaines années les recrutements dans les cinq postes en Banque et Assurance (contrôleur des risques marché /Analyste-Gérant hedge funds / Gestionnaire de Patrimoine / Actuaire /Directeur de Clientèle Vie Retraite & Prévoyance Collectives) devraient être bien orientés. Cela est d’autant plus vrai dans l’actuariat, pour lequel il existe une vraie pénurie de candidats. A cela s’ajoute une tendance générale favorisée par la crise des subprimes. Celle-ci a sensibilisé davantage les entreprises et les banques à la nécessité de limiter leurs risques grâce à une bonne politique d’assurance. D’où le fort développement de ce secteur.
6. Y a-t-il des postes qui émergent et qui devraient prendre le relais des 8 jobs en or actuels ?
Thierry Mageux : Les sociétés de gestion montent des fonds socialement responsables. Cela correspond à une prise de conscience globale de l’impact sur la société et l’environnement des prises de décisions. Les fonctions d’analystes et de gestionnaires de ces fonds devraient donc se développer à l’avenir.
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