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Des politiques de recrutement contrastées dans la finance

publié le 01/10/2008

Le secteur est entré dans une phase de restructuration et de réduction des coûts. Le baromètre mensuel publié par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), le 16 septembre dernier, a indiqué un repli de 15 points en août (par rapport à août 2007) des offres d’emplois disponibles sur Internet dans le secteur finance-comptabilité. Tous les secteurs ne sont toutefois pas concernés.


Les recrutements de cadres en France sont généralement dynamiques
Selon l’enquête « Emploi » de l’Insee, publiée en août, le taux de chômage des cadres s’élève aujourd’hui à 3,3 %, niveau atteint en 1990, et qui correspond à une situation de quasi plein-emploi.
Quant à l’Apec, elle a affirmé que 27.000 offres d’emploi lui ont été confiées en juillet 2008, soit 42 % de plus qu’en juillet 2007.

Néanmoins cette situation ne s’applique pas au secteur de la banque d’affaires
Aux Etats-Unis ce secteur souffre particulièrement. Sur les huit premiers mois de 2008, un total de 103.000 personnes appartenant au secteur financier ont été licenciées. Or avec la faillite de Lehman Brothers, la mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac et le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, qui se sont produits en septembre, les chiffres devraient encore très sensiblement s’alourdir.

En France, rien de comparable en termes de licenciements. Néanmoins, les activités les plus touchées seront celle de banque de financement et d’investissement (BFI) et, dans une moindre mesure, celle de gestion d’actifs. Ainsi Natixis, a annoncé la suppression de 1.100 postes, dont 850 en France. Quant à Calyon, la filiale du Crédit Agricole, 500 suppressions de postes sont prévues, dont la moitié en France.

Toutefois des recrutements dans les fonctions de contrôle
La banque est un secteur qui généralement recrute, surtout grâce à l’activité de banque de détail. Dans ce domaine, les nombreux départs à la retraite incitent les banques à maintenir des niveaux de recrutement sur notre territoire. Le cas de la Société Générale est, à ce titre, particulièrement révélateur. Cet établissement souhaite accroître ses effectifs dans les activités de contrôle (à savoir back et middle office, audit interne, gestion des risques), en particulier suite à l’affaire Kerviel. 100 millions d’euros devraient être investis pour renforcer les équipes dans ces domaines.
La Société Générale n’est pas la seule institution à renforcer sa gestion des risques. Cette politique est également d’actualité au sein d’autres structure suite à la crise des crédits « subprimes » américains. Dans les services transversaux, les contrôleurs de gestion et comptables sont également recherchés. La Société Générale pourrait mettre en place un département transversal destiné à veiller à la sécurité des opérations.

…et dans la banque de détail et les services financiers
Ces métiers sont structurellement recruteurs. Les banques cherchant à développer leurs activités de crédit à la consommation ou d’assurance. A cela s’ajoutent les départs à la retraite, qui devraient s’établir à leur plus haut niveau entre 2008 et 2012.
BNP Paribas et Société Générale ont annoncé des volumes de recrutement comparables à ceux de 2007. Ils devraient être compris dans une fourchette de 4.000 à 4.500 personnes en France chez BNP Paribas (24.000 dans le monde) et atteindre environ 5.500 personnes à la Société Générale (20.000 dans le monde). Les principaux recrutements concernent la banque de détail, les services financiers, la gestion d’actifs et enfin la BFI. Les commerciaux sont les profils les plus recherchés (la moitié). Ils sont suivis par les fonctions de middle et de back-office.

Par Audrey Corcos