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Des conditions d’accès au crédit de plus en plus tendues

publié le 17/09/2008

Plusieurs études récentes soulignent les difficultés croissantes rencontrées par les entreprises pour se financer auprès des banques. D’après une enquête trimestrielle de la BCE, le durcissement des conditions de crédit devrait même se poursuivre durant les prochains mois.

Les dernières études publiées à la fois par l’AFTE (Association Française des Trésoriers d’Entreprise), la Banque de France et la BCE (Banque Centrale Européenne) ne sont pas très rassurantes concernant les conditions de financements des entreprises.
En effet, d’après l’enquête mensuelle menée conjointement par l’AFTE et Coe-Rexecode, pour le mois de juillet dernier, le solde d’opinion concernant la trésorerie d’exploitation des grandes entreprises a continué de se dégrader, cette tendance étant observée depuis la mi-2007. Cet indicateur est passé de -5,7% en juin à -7,3%.
Le solde d’opinion relatif aux marges payés sur les crédits bancaires s’est, quant à lui, dégradé de plus de 40 points en un an pour atteindre 40,7%. Cette tendance peut expliquer la sensible augmentation des difficultés de recherche de financements, déjà constaté en mars dernier. Le solde d’opinion relatif à la recherche de financement s’est, en effet, fortement détérioré en juillet passant de -24,2% à -32,4%. En un an, cet indicateur a accusé un repli de plus de 50 points.

A ces indicateurs s’ajoutent les résultats de l’étude trimestrielle de la Banque de France. Les encours de crédits distribués par les banques aux sociétés non financières se sont accrus de 13,7 % à fin juin (en progression annuelle) mais les établissements de crédit ont relevé leurs marges. Les taux des crédits nouveaux aux sociétés non financières se sont accrus d’environ 60 points de base entre juin 2007 et juin 2008.
Cette attitude s’explique à la fois par la répercussion de la hausse du loyer de l’argent à court terme mais aussi par un environnement économique jugé plus incertain par les établissements bancaires. Ce dernier élément est souligné par la progression du nombre de défaillances d’entreprises en France. Ainsi, selon le Bulletin de la Banque de France de Juillet-Août 2008, cet indicateur a atteint, fin juin dernier, son plus haut niveau depuis fin 1998.

C’est surtout pour les PME que le renchérissement du crédit est pénalisant. Les grands groupes français ont accès à la dette bancaire lorsque les financements de marchés deviennent coûteux. Ainsi, pour acquérir la société suédoise de vodka Absolut, Pernod Ricard a eu intégralement recours à un emprunt bancaire. Cela signifie que les banques sont prêtes à financer des entreprises dont la santé et le secteur d’activité assurent des cash-flows prévisibles.
Pour les PME, obtenir un prêt bancaire est beaucoup plus délicat actuellement, surtout lorsqu’elles subissent un ralentissement de leur activité dans une conjoncture économique morose. Le relèvement du coût des crédits bancaires les empêchent alors d’avoir accès à cette source de financement.

Cette situation n’est pas spécifique à notre pays puisque les entreprises rencontrent les mêmes difficultés à l’échelle européenne. Ainsi, selon la dernière Banking Lending Survey menée par la BCE, et finalisée début juillet, les établissements bancaires de la zone euro ont continué à durcir leurs critères d’octroi de crédits. Il faut néanmoins noter que cette tendance s’est légèrement ralentie, car le taux de durcissement est tombé de 49% (entre janvier et mars) à 43% (entre avril et juin).

Audrey Corcos