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Durant le premier semestre 2008, le cabinet Objectif Cash* a mené une enquête auprès de 300 décideurs financiers pour connaître les exigences des fonds d’investissement vis-à-vis des Directeurs Administratifs et Financiers. Il est intéressant de constater que, si des convergences existent, les actionnaires et les DAF n’ont pas toujours la même vision sur le rôle d’un DAF de LBO et les qualités requises.
En ces temps de crise, marqués par une raréfaction des ressources bancaires et un coût du crédit plus élevé, le DAF a un rôle central. C’est particulièrement vrai dans les sociétés qui ont fait l’objet d’un LBO (ou opération à effet de levier). Au sein de ces structures, le DAF se doit de maîtriser et de coordonner, encore plus que dans toute autre entreprise, la comptabilité, le contrôle de gestion et la trésorerie.
Mais, à côté de ces compétences techniques, quelles sont les qualités qu’attendent les actionnaires professionnels ? C’est ce que révèle l’étude menée par Objectif Cash auprès de 300 décideurs financiers qui sont, pour une moitié, des DAF (de LBO et d’entreprises classiques) et pour l’autre moitié, des investisseurs professionnels.
Un reporting essentiel pour les fonds...
Les fonds ont des attentes importantes vis-à-vis du DAF en termes de reporting opérationnel et financier, élément clé du contrôle interne. Un reporting performant permet alors au fond de prévoir correctement la trésorerie de l’entreprise et de mieux anticiper les risques.
Ainsi, 36% des actionnaires professionnels considèrent que le rôle du DAF est d’abord de mettre en place et animer ces reportings, puis de sortir les comptes et budgets et optimiser la gestion de l’entreprise. Il s’agit donc de tâches très techniques.
Pourtant, les fonctions techniques ne constituent des priorités que pour 27% des DAF interrogés. Ceux-ci se voient généralement comme des généralistes qui participent à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. Or les fonds font généralement appel à des conseillers en stratégie de haut niveau lorsqu’ils montent une opération de LBO. C’est pourquoi ils ne pensent pas que cette fonction est dévolue au DAF : ils la réservent plutôt à un conseiller extérieur.
…qui attendent une loyauté sans faille de la part du directeur financier
L’autre écart significatif porte sur les principales qualités que doit posséder un directeur financier dans le cadre d’un LBO. Si les investisseurs professionnels placent la rigueur, la loyauté par rapport à l’actionnaire et la résistance au stress au cœur de leurs exigences, ils reconnaissent également que la capacité à rester concentré sur certains sujets et à aller au fond des choses est essentielle. Ils estiment, en effet, que la principale cause d’échec des DAF dans la mission qui leur est assignée est la dispersion.
Côté DAF, si la rigueur est importante, elle doit être complétée par une bonne expérience, une capacité à communiquer et une indépendance par rapport au management. Il est intéressant de souligner que pour les DAF, la loyauté par rapport à l’actionnaire est tout aussi importante que celle par rapport à l’entreprise. Pour les fonds, c’est la loyauté par rapport à l’actionnaire qui prime. D’ailleurs, aujourd’hui les fonds veulent de plus en plus maîtriser le recrutement du directeur financier.
Un rôle clé
Il est en effet significatif de constater que les directeurs financiers sous-estiment leur rôle et leur contribution à la valeur ajoutée créée dans les processus de fusions acquisitions comparée à l’appréciation qu’en font les fonds. Ainsi, pour seulement un peu plus de la moitié des DAF (56 % d’entre eux), la valeur ajoutée créée par eux et leurs équipes dans le cadre de fusions acquisitions excède 5 % de la valeur créée par la transaction. La proportion bondit à 80 % lorsqu’il s’agit des fonds. Pour une part non négligeable des DAF (10%), leur rôle et celui de leurs équipes ne crée même aucune valeur ajoutée. Aucun des fonds interrogés n’a exprimé cette certitude.
Ainsi, pour les actionnaires professionnels, un DAF de LBO efficace se doit de mettre la trésorerie et la gestion du cash au centre de ses priorités. C’est l’objectif essentiel du reporting financier, dont il doit être le moteur. Le cabinet Objectif Cash affirme d’ailleurs que c’est l’exigence essentielle requise par les fonds quand il est missionné.
Audrey Corcos
* Cabinet spécialisé dans la direction financière opérationnelle et le management de transition
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